Un vaccin ALK en développement aux Etats-Unis

Un vaccin ALK est en développement aux Etats-Unis. Pour le moment aucun vaccin ALK n’est encore en développement en Europe…

Le cancer du poumon ALK est assez rare et touche environ 5% des malades de cancer du poumon. Il touche notamment des patients jeunes et non fumeurs, ce qui prouve et ce que la science démontre que le cancer du poumon est loin de toucher uniquement les fumeurs.

De nombreux laboratoires ont développé des inhibiteurs de Tyrosine Kinase qui permettent de stabiliser voire de faire régresser les tumeurs pendant une certaine période suite à la découverte des anomalies génétiques ALK pour certains patients atteints de cancers du poumon.

Cela a permis d’augmenter très significativement l’espérance de vie des malades atteints de ce cancer. Malheureusement au bout de quelques années, des mutations complexes apparaissent au niveau des tumeurs qui rendent ces tki inefficaces.

Le Professeur italien Roberto Chiarle a mené des recherches à l’université de Turin en Italie en fondant son propre laboratoire pour travailler sur le cancer ALK et étudier les mécanismes de transformation qui conduisent au cancer ALK et pour développer de nouvelles thérapies dont un vaccin contre le cancer ALK testé sur des souris.

Mais il a finalement décidé de quitter l’Italie pour développer sa technologie aux Etats-Unis. Selon nos informations, les brevets de cette technologie ont été achetés par une société américaine et seront donc exploités aux Etats-Unis. cela prouve encore une fois les problèmes d’immigration de nos meilleurs cerveaux qui quittent l’Europe du fait du manque de financement européen.

Le problème étant dans ce cas que l’université de Turin n’était pas suffisamment bien équipée pour ces travaux selon le Professeur Roberto Chiarle.

Le Professeur a donc décidé de développer un vaccin basé sur des peptides et non sur l’ARN messager pour lutter contre le cancer ALK.

L’intérêt de développer d’abord un vaccin contre le cancer pour les cancers ALK s’explique aisément. Selon le Docteur Awad qui travaille à l’hôpital Harvard Medical School, les protéines ALK ne sont exprimées dans le poumon que par les cellules cancéreuses ce qui permet de les cibler assez facilement. Le vaccin cible ainsi les protéines ALK ce qui permet de minimiser les effets secondaires.

L’objectif est d’inciter le système immunitaire à répondre à une importante injection de peptides ALK. Les peptides ont été adaptés aux complexes d’histocompatiblilité pour correspondre aux antigènes des leucocytes humains de la majorité des patients.

Pour le moment les peptides ont été adaptés pour environ la moitié des antigènes des leucocytes humains des patients, ce qui veut dire que 50% des patients pourront utiliser ce vaccin ALK qui correspondra à leur système immunitaire.

Une partie des recherches pour ce vaccin ont été financées par l’association américaine ALK Positive et une vingtaine de patients américains vont pouvoir participer normalement d’ici la fin de l’année aux essais de phase 1. Malgré nos demandes, pour le moment seuls les patients américains pourront profiter de ces essais cliniques alors qu’un grand hôpital français était prêt à mener des recherches conjointement.

Alors que la recherche sur le cancer est très pointue en Europe, il n’existe malheureusement pas pour le moment de laboratoire développant un vaccin ALK.

Pourtant de grands laboratoires européens sont présents sur le marché des TKI pour les patients ALK comme le laboratoire suisse Roche qui détient les brevets pour le TKI Alecensa ou Novartis qui commercialise le Ceritinib.

Le marché des TKI ALK étant en fort développement il est étonnant qu’aucune société européenne d’importance ne s’intéresse au marché très prometteur des vaccins ALK qui s’ils sont efficaces pourraient être la base du développement de vaccins pour cibler des cancers plus complexes.

Cela est d’autant plus regrettable que des sociétés européennes comme Biontech ont montré être à la pointe dans l’épidémie de Covid en terme de recherche génétique ou que la chercheuse française Emmanuelle Charpentier a gagné le prix Nobel pour la technologie Crispr-Cas9. Biontech travaillait depuis longtemps à développer des remèdes contre le cancer et ce sont ces recherches qui ont permis de développer en temps record un vaccin contre le Sars-Cov-2.

Espérons que les entreprises européennes s’intéressent rapidement au développement d’un vaccin contre le cancer ALK…

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